Penser la fin du monde :

imaginaire et expérience de la catastrophe.

ATLANTYS est un programme de recherche interdisciplinaire et international financé par la Région des Pays de la Loire (Paris scientifiques). Porté par l'Université de Nantes et piloté par le Centre François Viète (Épistémologie, Histoire des sciences et des techniques), il réunit plusieurs équipes de recherche en France et à l'étranger.

Se donnant pour objectif d'étudier de manière analytique et critique les fondements et les ressorts de l'imaginaire de la mort de l'humanité ou de la fin du monde, il se veut notamment une réflexion utile au sein des débats contemporains sur l'avenir de la planète et de ses populations.

Les travaux menés au sein du programme ATLANTYS mettent en relation différentes questions comme la relation des populations avec leur environnement naturel, leur réaction face aux désastres ou catastrophes de grande ampleur qui émaillent leur histoire, l'expression et les représentations de l'angoisse de la disparition collective, les comportements ou réponses des sociétés humaines face à cette angoisse ainsi que les points de convergence ou de conflit entre croyances irrationnelles, conceptions religieuses et discours scientifique.

Coordination scientifique : Frédéric Le Blay.

frederic.le-blay@univ-nantes.fr


Partenaires d'ATLANTYS

Partenaires principaux :

  • Centre François Viète (Épistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques, EA 1161), Universités de Nantes et de Bretagne Occidentale (Brest).

  • Centre de Recherches en Archéologie, Archéosciences, Histoire (UMR 6566-CReAAH), CNRS-Ministère de la Culture-Universités du Maine, Nantes, Rennes 1&2.

  • Espaces et Sociétés (UMR 6590-ESO), CNRS-Universités de Nantes-Angers-Maine-Caen-Rennes.

  • Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique (UMR 6554 LETG-Géolittomer), CNRS-Universités de Nantes-Brest-Caen-Rennes.

  • Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (LPPL, EA 4638), Universités d'Angers et de Nantes.

Partenaires associés :

  • L'Antique, Le Moderne (L'AMO, EA 4276), Université de Nantes.

  • Centre Atlantique de Philosophie (CAPHI, EA 2163), Université de Nantes.

  • Laboratoire de Planétologie et de Géodynamique (UMR 6112-LPG), CNRS, Universités de Nantes et du Maine (Le Mans).

  • Centre de Recherche en Histoire internationale et Atlantique (CRHIA, EA 1163), Universités de Nantes et La Rochelle.

  • Centre de Recherches Archéologiques et Historiques Antiques et Médiévales-Centre Michel de Boüard (UMR 6273 CRAHAM), CNRS-Université de Basse Normandie/Caen.

  • Ruralités-Rural urbain, Liens Environnement, Territoires, Sociétés (EA 2252), Université de Poitiers.

  • Archéologie et Sciences de l'Antiquité, équipe THEMAM (UMR 7041 ArScAn), CNRS-Université Paris-Ouest Nanterre.

  • Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain (UMR 8177 IiAC), CNRS-EHESS, Paris.

  • Centre de Recherche sur les Civilisations de l'Asie Orientale (CRCAO), CNRS-EPHE-Collège de France-Université Paris 7.

  • Department of Science and Technology Studies, University College, London (Royaume-Uni).

  • School of International Studies, Oklahoma State University (USA).

  • Department of English, Simon Fraser University, British Columbia (Canada).

  • Department of Geography and Planning, Macquarie University-Sydney (Australia).

Collaborations institutionnelles :

  • Maison des Sciences de l'Homme Ange Guépin (Nantes).

  • Institut du Pluralisme Religieux et de l'Athéisme (IPRA), Nantes.

  • Faculté des Lettres et Sciences humaines, Université de Niigata, Japon.

  • Fukushima National College of Technology, Japon.

  • Center for Digital Studies, Université Ajou, Corée.

ATLANTYS en quatre axes

Axe 1 : La fin du monde, un imaginaire universel ?

Cet axe se proposera d'étudier, dans une perspective autant historique qu'anthropologique, les différentes formes et expressions de l'angoisse de la fin du monde, qu'il s'agisse de mythes, de croyances religieuses, de systèmes philosophiques ou de peurs millénaristes. Le fléau peut se lire comme un moyen d'expliquer comment les hommes sont passés de l'ère mythique d'entente avec les dieux à l'ère historique que nous connaissons (mythe de l'Âge d'or, Déluge). En revanche, miroir inverse, la fin du monde peut se lire dans le monde biblique comme le moment où les hommes vont quitter l'ère historique pour retrouver l'union avec Dieu (croyances et pratiques millénaristes ou apparentées). On posera notamment la manière dont les paradigmes de cet imaginaire collectif peuvent influencer certaines formes de la pensée écologique contemporaine.

Axe 2 : Théories de la fin du monde

Cet axe étudiera, dans une perspective historique, les réponses que le discours philosophique et scientifique a pu tenir face à l'angoisse de la destruction finale. On portera en particulier la réflexion sur les explications rationnelles apportées aux phénomènes naturels destructeurs, généralement en vue de libérer les populations des superstitions et des craintes infondées.


En parallèle, on s'intéressera au développement des systèmes et théories pseudo-scientifiques tentant de justifier par un éclairage rationnel les mythes ou les prophéties annonçant la fin du monde.Les concepts et théories scientifiques qui occupent le débat contemporain sur la préservation de la biodiversité, le réchauffement climatique, etc., seront également étudiés.

Axe 3 : Récits et représentations d'apocalypses

Cet axe envisagera la manière dont les récits d'épisodes destructeurs de grande ampleur vivifient et donnent corps à l'imaginaire apocalyptique. On envisagera la réflexion sous deux aspects :

  • Témoignages et expériences de la catastrophe (événements marquants de l'histoire des hommes ancrés dans la mémoire collective).
  • Fictions apocalyptiques (aspect pour lequel le genre de la science-fiction sera fortement sollicité).

À titre d'exemple, l'image des îles englouties et de la submersion marine participent pleinement aux représentations de l'apocalypse (Jules Verne). Jusque dans la bande dessinée (Hergé, Alain Deschamps, Claude Auclair), le thème est constitutif de notre culture. Dans le contexte actuel du changement climatique, ce fonds culturel peut alimenter les rumeurs et les inconscients collectifs, conduisant au renforcement ou, au contraire, à la sous-estimation de certaines mesures de protection. Si la littérature constituera le corpus prioritaire, les arts figuratifs ou le cinéma pourront être abordés dans cet axe.

Axe 4 : Survivre à la fin d'un monde

Cet axe, dont les perspectives seront essentiellement historiques et géographiques, se penchera sur l'histoire ou l'historique des grandes catastrophes ayant émaillé le vécu des populations et des sociétés humaines (Submersion marine, tempête, cyclone ou typhon, séisme, volcanisme, tsunami, grandes sécheresses, etc.). Un gradient de catastrophe de grande ampleur pourra être défini en fonction de l'espace géographique, de leur temporalité, de leur (ir)réversibilité et des sociétés concernées. La géographie peut aisément couvrir le suivi de ces événements depuis le milieu du vingtième siècle.


Se pose la question des collectivités humaines et des civilisations dans leurs rapports avec leur environnement naturel et l'étude des comportements (à l'échelle d'un ou plusieurs groupes d'acteurs), réactions ou réponses liées à la catastrophe (différentes voire contradictoire suivant l'éloignement vis-à-vis de l'élément cataclysmique).


Cet axe proposera notamment d'analyser l'évolution des politiques publiques face au risque de catastrophe. Un focus sera proposé sur les facteurs d'adaptation au risque sur le long terme qui caractérise la capacité de résilience du territoire.

Deux colloques internationaux sont déjà programmés. Ils se dérouleront à Nantes.

1er Colloque ATLANTYS :

"La fin du monde : un imaginaire universel ?", 8-9-10 juin 2016.

Programme

2ème Colloque ATLANTYS (en partenariat avec l'Université du Maine) :

"Survivre à la fin d'un monde : perspectives historiques et géographiques", 17-18-19 novembre 2016.

Appel à communications / Call for papers

Des conférences ouvertes au public seront proposées pendant ces colloques.